CH de Cornouaille. Le projet de fusion avec le CHRU inquiète

Mis sur la place publique par le syndicat Sud Santé, un projet de fusion entre le Chic et le Chu de Brest fait naître de vives inquiétudes. Des répercussions sur l’emploi mais aussi le transfert d’activités sont à craindre.

Une note juridique en date du 1e r décembre, et émanant d’un cabinet d’avocats d’Aix-en-Provence, adressé au directeur du Chic de Cornouaille sur la fusion entre deux établissements publics de santé, suscite de vives inquiétudes de la part des représentants de Sud Santé qui en a eu connaissance. « Les directeurs du Chic et du CHRU de Brest combinent depuis quelques mois un rapprochement sans en avertir les représentants du personnel ni ceux des usagers, et en cachant à une partie de la communauté médicale les implications », s’indigne Jean-Paul Sénéchal, secrétaire départemental de Sud Santé.


Les représentants de Sud Santé : Alain Le Guen, Catherine Gloaguen, Francis Landouar, Pascale Robardet et Jean-Paul Sénéchal veulent mettre le dossier sur la table.

Porter le débat sur la place publique

« L’hypothèse a déjà été évoquée très vaguement lors d’un séminaire avec les équipes médicales des deux établissements à Crozon à l’automne. En décembre, la question a été posée en comité technique d’établissement mais le directeur du Chic a affirmé qu’il n’y avait pas d’autre projet que le groupement hospitalier territorial pour le sud Finistère. Quelques jours plus tard, lors du conseil de surveillance, la question est revenue sur le tapis et le directeur a parlé de fusion sans rentrer dans les détails », poursuit l’élu syndical, qui souhaite porter le débat sur la place publique. « Le sujet est trop important pour être confié à des technocrates, d’autant qu’à Quimper, les professionnels sur le terrain y sont hostiles », précise ce dernier. « Il y a 29 Chu en France et leur nombre va être réduit. Brest est à la 22e place. En se mariant avec Quimper, il arriverait à la 9e place et sauverait ainsi sa tête », analyse par ailleurs Jean-Paul Sénéchal.

Lourd de conséquences

Pour les représentants syndicaux, ce projet de fusion, qui pourrait se faire dans un délai relativement bref pour couper court aux réactions des quelque 9.000 agents concernés sur les deux sites, serait lourd de conséquences. Le syndicat estime que 50 à 80 emplois seraient menacés sur Quimper et que la fusion aurait aussi des répercussions sur l’établissement brestois ainsi que sur les autres hôpitaux du département. À Morlaix, la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT) prévus par la Loi Santé de Marisol Touraine suscite déjà des craintes concernant le maintien de certains services tels que la réanimation ou l’unité de soins intensifs cardiologiques. « Par rapport à la situation déficitaire des établissements et le rééquilibrage qui doit se faire au sein du GHT, on a également des inquiétudes pour la maternité, où on réalise 600 accouchements alors que le seuil de rentabilité est de 1.200. Demain, le GHT, qui va être mis en place dans le nord-Finistère, pourra faire des transferts d’activité : or on sait que la maternité du CHRU de Brest n’atteint pas son seuil », indique Francis Landouar, délégué Sud Santé à Morlaix.

Publié le 15 janvier 2016
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