EPSM Gourmelen. La psychiatrie et les GHT. « L’intégration totale, c’est non ! »

Les représentants des médecins et des personnels de l’établissement public de santé mentale Étienne-Gourmelen ont réaffirmé, hier, leur refus de voir l’hôpital intégrer un futur groupement hospitalier de territoire (GHT). Ils prévoient des actions le 24 mai.

« Nos trois instances (commission médicale d’établissement, comité technique d’établissement et conseil de surveillance) ont successivement voté, à l’unanimité, il y a une quinzaine de jours, en faveur d’une demande de dérogation à l’obligation d’adhérer au futur groupement hospitalier de territoire », a rapporté hier la psychiatre Annie Bléas, en compagnie de médecins et syndicalistes. Les groupements hospitaliers de territoire (GHT), prévus par la loi de modernisation de la santé, doivent être installés à partir du 1e r juillet 2016. Deux GHT devraient naître dans le Finistère, l’un autour du CHRU de Brest, l’autre autour du centre hospitalier de Cornouaille. « Nous demandons à ce que l’hôpital Gourmelen soit membre associé du GHT, afin de continuer à nous impliquer dans les filières de soins (urgences, addictologie, psychiatrie de liaison) développées dans l’Union hospitalière de Cornouaille. Mais il ne peut être question pour nous d’une intégration totale, d’une quasi-fusion dans un GHT car nous tenons à la spécificité de la prise en charge psychiatrique », a de nouveau indiqué la présidente de la commission médicale d’établissement. « Ce n’est pas un acte isolé, car les trois autres établissements publics de santé mentale de Bretagne sont sur la même longueur d’onde », a-t-elle complété, en annonçant des actions conjointes, le 24 mai, de 11 h 30 à 12 h 30, auprès des délégations territoriales de l’Agence régionale de santé.

« Communauté psychiatrique »

Les syndicats de personnels seront parties prenantes de ces actions. « L’intégration totale dans un GHT, c’est le risque d’y voir la psychiatrie diluée. Nous avons besoin de garder un budget propre, de maintenir une offre de soins de proximité au travers de la quarantaine de structures implantées en Cornouaille », revendique Yannick Milin (CGT). « Le danger, c’est la mutualisation des moyens et des plans d’économie sur le dos des personnels, c’est plus de mobilité pour les agents sur un vaste territoire », pointent Janine Carrasco et Marc Guilloux (Sud). « Un modèle fédératif nous conviendrait plus. C’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à une communauté psychiatrique de territoire à l’échelle du département », signifie Patrick Lamézec (CFDT). « Cette idée de communauté psychiatrique de territoire nous intéresse beaucoup. Elle nous permettrait de conforter et développer des prises en charge croisées avec nos partenaires du médico-social et du social dans le Finistère », estime, elle aussi, Annie Bléas. La psychiatre reconnaît quelques points positifs à la loi, dont « la réaffirmation de la notion de secteurs en psychiatrie ».

Bruno Salaün

Source : Le Télégramme. 13 mai 2016

Publié le 14 mai 2016
Poster un message
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

titi