Finistère. Hôpitaux : Brest et Quimper feront chambre à part

À Quimper, personnels et médecins sont soulagés. Ils ne voulaient pas d’un regroupement avec le CHU de Brest. La création d’un groupement hospitalier territorial sud-Finistère a été votée hier.

Repères C’est quoi, le contexte ?

L’année 2016 est une année de réorganisation pour les hôpitaux. La Loi Santé, appelée aussi Loi Touraine, du nom de la ministre de la Santé, oblige les établissements à se regrouper au sein de groupements hospitaliers de territoire (GHT).

C’est quoi la particularité du Finistère ?

Eh bien, il y a le nord et le sud… Au nord : le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Brest est le chef de file du territoire de santé 1, avec Morlaix et Carhaix. Au sud, le centre hospitalier intercommunal de Cornouaille (Chic), à Quimper, est la tête de pont du territoire de santé 2 : Quimper-Douarnenez-Pont-l’Abbé.

Quelles étaient les options ?

Jusqu’à hier la question était : faut-il créer un groupement hospitalier de territoire commun à tous les hôpitaux du département (excepté Quimperlé, rattaché à l’hôpital de Lorient) et piloté par Brest ? Ou bien au contraire, faire cohabiter deux GHT, nord et sud ? En filigrane, se pose la question de l’avenir des hôpitaux de proximité.

Quelles étaient les craintes ?

Du côté de Sud Santé, qui planche sur le dossier depuis des semaines, les conséquences d’un groupement finistérien étaient sombres : « Une centaine d’emplois supprimés entre Quimper et Douarnenez, une baisse du service rendu aux patients, une logique de diminution des coûts, une mobilité forcée et des investissements lourds non engagés dans les établissements du sud », liste son secrétaire départemental, Jean-Paul Sénéchal. Pour les médecins, le projet départemental ne tenait pas non plus la route. « On s’éloigne de l’esprit de la loi qui vise, au contraire, à renforcer l’offre de proximité », commente Pascal Hutin, le président de la commission médicale d’établissement. Par ailleurs, il leur apparaissait « prématuré ». Un exemple ? « Les commissions médicales de Quimper et de Brest ne se sont pas concertées. » Les blouses blanches ont rejeté « un projet administratif ». Mobilité, perte d’autonomie dans le recrutement, investissements lourds réalisés à Brest plutôt que dans le Sud faisaient aussi partie de leurs craintes.

Qu’est-ce qui a pesé ?

Les médecins hospitaliers (ils sont 250 à Quimper) ont présenté un front uni. Mardi soir, la cinquantaine de leurs représentants ont émis un avis, consultatif, en faveur d’un groupement sud-finistérien. Hier mercredi, ils étaient encore une cinquantaine à s’être réunis à l’entrée du conseil de surveillance. Ça pèse. « On ne fera rien sans vous », leur a glissé Ludovic Jolivet, le président du conseil de surveillance. Le maire de Quimper, qui avait tonné contre le « siphonnage » brestois, saisit sans doute aussi l’occasion de marquer un point dans la « bataille politique » nord-sud (lire ci-contre).

Et maintenant ?

Personnels, agents et médecins sont soulagés. Les collaborations engagées entre Quimper et Brest vont se poursuivre et se développer, comme l’ont rappelé Ludovic Jolivet et JeanRoger Pautonnier, directeur général du Chic, hier. Les projets médicaux partagés, qui dessinent les contours des groupements, doivent être déposés à l’Agence régionale de santé d’ici au 1er juillet. C’est le directeur de l’ARS qui tranchera.

Nelly CLOAREC. Source : Ouest-France. 31 mars 2016.

Publié le 2 avril 2016
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