Gourmelen. L’inquiétude à tous les niveaux

Après celui du Chic, perturbé mardi, le Conseil de surveillance de l’hôpital Gourmelen a été aussi, hier matin, l’occasion pour le personnel d’exprimer ses inquiétudes sur la succession des plans d’austérité. Il a été soutenu par les usagers et les médecins.

Ils n’étaient pas très nombreux, hier matin, à s’être réunis devant la salle où se tenait le Conseil de surveillance de l’hôpital Gourmelen, présidé par Jean-Claude Samson. Mais leur parole a porté. « Depuis 2013, nous connaissons des plans d’austérité. Après les personnels, c’est à l’offre de soins que l’on va s’attaquer. Le nouveau plan triennal d’économie parle de mutualisation de moyens. Cela pourrait aboutir à la fermeture de l’un des trois hôpitaux de jours et de l’un des trois centres médico-psychologiques de Quimper », s’est inquiété Patrice Houart (Sud-Santé), autorisé à s’exprimer au début de la réunion. Il a été rejoint par des membres du Conseil de surveillance. « La mutualisation des moyens est une menace réelle qui nous inquiète, a appuyé le docteur Annie Bléas, présidente de la Commission médicale d’établissement. Nous rentrons dans une logique économique qui va déstructurer notre offre de soins ». Joëlle Le Gall, élue quimpéroise, et Jacqueline Manach ont aussi appuyé les craintes des personnels en évoquant les conséquences, une « situation inquiétante pour les usagers ». « Les associations d’usagers se posent beaucoup de questions sur l’avenir », a insisté Jacqueline Manach. Car la situation financière ne va pas s’améliorer. Patrice Houart a rappelé que l’hôpital Gourmelen connaîtrait en 2016 un « débasage ». En clair, l’établissement, considéré comme surdoté par l’Agence régionale de santé, se verra ponctionner la somme de 850.000 €, au profit de petits établissements moins dotés.

Nouveau régime pour les contractuels

Pour les syndicalistes, les économies se feront aussi sur le personnel. « En 2013 et 2014, ce sont les personnels qui ont subi les plans d’austérité, sur le temps de travail, les primes, les avancements de carrière, a continué Patrice Houart. En 2015, ce sont les contractuels qui sont attaqués. Les hôpitaux ne cotiseront plus aux Assedic et deviendront leurs propres assureurs. Cela va aggraver la situation des précaires, les établissements évitant des contrats de plus de 90 jours pour ne pas payer le chômage ou évitant d’employer des personnes qui ont déjà travaillé lors d’une période récente. Cela impliquera aussi une augmentation du turnover, une désorganisation des équipes. À Gourmelen, cela représente environ 140 contrats. Au Chic, la même mesure a permis d’économiser 500.000 € de cotisations ».

« Nous ne maîtrisons pas tout »

Le directeur, Pascal Bénard, a répondu sur-le-champ à Patrice Houart que le plan triennal ne relevait pas de l’établissement mais des pouvoirs publics. Concernant d’éventuelles fermetures, il a expliqué que « la problématique générale du projet d’établissement sera abordée pour voir comment nous devons nous structurer différemment avec des moyens maintenus voire en baisse ». « Nous n’avons pas la maîtrise de tout », a appuyé Jean-Claude Samson, président du Conseil de surveillance. « Pour les contractuels, je suis surpris de l’intervention car nous avons évoqué deux possibilités : une catastrophique avec un turnover tous les 90 jours et une autre qui permettra de stabiliser leur situation avec un mieux-disant, une meilleure gestion entre établissements ».

Source : Le Télégramme. 27 juin 2015.

Publié le 28 juin 2015
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