Hôpitaux de proximité. Des usagers disent leurs craintes à Quimper

Les comités de défense des hôpitaux de Douarnenez et Concarneau dénoncent la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT), prévue par la nouvelle loi Santé.

"Une mise en place opaque, sans concertation des usagers ni des médecins." Les comités de défense des hôpitaux de proximité des sites de Douarnenez et de Concarneau tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme quant à la réforme du système de soins prévue par la loi Santé.

À quelques jours de l’adoption du projet de loi par le Parlement, ils refusent la création des groupements hospitaliers de territoire (GHT) qui réorganisent l’offre publique de soin à l’échelle départementale autour d’un centre hospitalier pivot.

Dans le Finistère, c’est le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brest qui est pressenti comme tel. La mise en place des GHT devrait être effective au 1er juillet 2018.

"L’objectif des GHT est d’institutionnaliser et structurer les réseaux interpersonnels des professionnels de santé, dans une logique de gradation des soins sur le territoire et pour tous les usagers", précise le rapport remis à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, en mai 2015.

Des services "aspirés"

Pour les usagers des centres hospitaliers de Concarneau et de Douarnenez, c’est la crainte de voir les services de leurs hôpitaux "aspirés" par le Centre interhospitalier de Cornouaille (Chic) de Quimper ou le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brest.

Le comité de Concarneau, créé en 2008 à la suite de la fermeture des urgences de nuit, redoute la fermeture de ses urgences de jour. Le comité milite pour une extension des horaires actuels d’ouverture des urgences, de 7 h à 23 h, contre le créneau actuel de 9 h - 19 h.

"Nous sommes une ville qui accueille de nombreuses manifestations sportives en soirée, explique Marianne Jan, membre du comité de défense de Concarneau et vice-présidente de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. Concarneau est également un port qui travaille très tôt le matin. Nous avons besoin de nos urgences".

"Nous nous inquiétons aussi pour la pérennité de nos services de consultation externes comme la gynécologie et l’ophtalmologie", souligne Yves Jardin, président du comité de défense de l’hôpital de Douarnenez.

"D’une manière générale nous nous inquiétons pour l’accès aux soins de tous les usagers, résume Marianne Jan. Il est de plus en plus difficile, compte tenu de l’éloignement entre les usagers et les centres hospitaliers." "Nous n’hésiterons pas à redescendre dans la rue", promettent d’une voix, les deux comités.

Mercredi 16 décembre, assemblée générale du comité de défense de l’hôpital de Concarneau.

Source : Ouest-France, 11 décembre 2015.


Une nouvelle organisation hospitalière se profile

En 2018, un groupement hospitalier de territoire verra le jour dans la Finistère. Les comités des usagers craignent que les établissements de proximité perdent encore des services.

Par Adèle Le Berre

Quelle sera la carte hospitalière en 2018 dans le Finistère ? Nul n’est en mesure de le dire mais elle se dessine en ce moment. La Loi de modernisation du système de santé est en cours d’adoption. Elle va notamment instituer les Groupements hospitaliers de territoire, opérationnels au 1er juillet 2018.

Rationalisation des modes de gestion

Ces groupements visent à mettre « en place une stratégie de prise en charge du patient commune et graduée dans le but d’assurer une égalité d’accès à des soins sécurisés et de qualité. Il (le groupement) assure la rationalisation des modes de gestion par une mise en commun de fonction », peut on lire dans le projet de loi.

Donc si un hôpital est en déficit, les autres risquent de transférer des services pour combler ce déficit.

Le comité des usagers de l’hôpital de Douarnenez et le comité de défense de l’hôpital de Concarneau croient savoir que le GHP du Finistère englobera tous les hôpitaux à l’exception de celui de Quimperlé. « Tous les établissements seront co-responsables des déficits. Donc si un hôpital est en déficit, les autres risquent de transférer des services pour combler ce déficit », indique Jean-Paul Sénéchal du comité concarnois.

Douarnenez et Concarneau, des services de gériatrie ?

A l’heure actuelle, le CHU de Brest (qui sera le pivot du futur Groupement) accuse un important déficit. Les comités craignent qu’il « n’absorbe les services de cardiologie et soins intensifs de Morlaix et Quimper. D’une manière générale, les hôpitaux de Brest et Quimper vont concentrer davantage de services et les hôpitaux de proximité comme Concarneau et Douarnenez vont devenir des services de gériatrie. »

Le 15 dirige de plus en plus vers Quimper alors que le patient pourrait très bien aller à Concarneau ou Douarnenez.

Les comités estiment que les urgences de Concarneau (ouverte de 9h à 19h) et Douarnenez (24h/24) risquent de disparaitre à terme. « On se rend déjà compte que le 15 dirige de plus en plus vers Quimper alors que le patient pourrait très bien aller à Concarneau ou Douarnenez. », soulève Marianne Jan, du comité concarnois.

Totale opacité
Pour l’instant, rien ne semble encore acté : « tout se fait dans la plus totale opacité. Les usagers et les élus ne sont pas consultés », déplore Gérard Rousseau, du comité douarneniste. Les deux comités assurent être très mobilisés et prêts à organiser une manifestation à la moindre menace.

Source : Côté Quimper, 10 décembre 2015.

Publié le 11 décembre 2015
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