La maison de retraite en mal de moyens

Manque de moyens, sous-effectifs, le personnel de la maison de retraite de Châteaulin crie à l’asphyxie. C’est en tout cas ce qui ressort d’un entretien avec les représentants de la nouvelle section syndicale qui vient de se créer dans l’établissement, affilié au syndicat départemental Sud-Santé.

Sur les 85 salariés que compte la maison de retraite, où une section syndicale CGT fonctionne depuis de nombreuses années, une vingtaine d’employés vient de rejoindre la nouvelle cellule du syndicat SUD (Solidaires, Unitaires et Démocratiques), troisième syndicat représenté dans les hôpitaux du Finistère, derrière la CGT et la CFDT. Claude Strullu en a été nommé secrétaire et Martine Lamblé et Thierry Noël, secrétaires adjoints. Les deux premiers font partie du personnel soignant, le troisième du personnel technique. Selon eux, tous les services sont concernés par les questions que soulève le nouveau syndicat. Des services de soins à la cuisine, en passant par la lingerie ou l’accueil, toutes les équipes pâtiraient aujourd’hui des conséquences du déficit budgétaire que semble connaître la maison.

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Les travaux ont creusé le trou

« L’établissement souffre de manque de budget depuis longtemps, commente Claude Strullu. Mais depuis les travaux de cet hiver, qui nous ont contraints de déménager à Quimper pour quinze mois au lieu des neuf prévus, le déficit s’est creusé ». Moralité, l’établissement n’arriverait pas à faire face financièrement aux besoins en terme de personnel.

On rogne sur les congés

« Le directeur nous a dit qu’il ne remplacerait pas les congés d’été cette année, faute de budget, illustre par exemple Martine Lamblé. En clair, cela veut dire que nous ne prendrons pas tous nos congés. C’est difficilement acceptable, nous avons besoin de repos comme tout le monde, d’autant que nous sommes loin d’être suffisamment nombreux. Actuellement, quand certains sont en arrêt de maladie, il faut rappeler ceux qui sont en repos pour faire face ».

Pas assez de soignants

Et Jean-Paul Sénéchal, délégué départemental SUD, d’indiquer que « dans un établissement de long séjour, un infirmier pour trente patients est nécessaire, alors qu’ici, il y en a un pour 90 ». Seulement voilà, l’établissement châteaulinois n’a pas le statut long séjour, alors qu’il en dispense aujourd’hui les mêmes services. Thierry Noël se souvient : « Les résidants sont devenus de plus en plus dépendants. Sur les 165 pensionnaires actuels, 120 sont en lits médicalisés ». Cela implique, de la cuisine à la lingerie en passant par l’entretien, un volume de travail qui n’a rien de commun avec le passé. Pour le personnel soignant, même constat. Soins d’hygiène répétés, alimentation individualisée, il ne s’agit plus de vérifier la simple prise ponctuelle de médicaments, mais bien d’apporter des soins constants et lourds souvent. « Comment, dès lors, s’atteler sérieusement aux actions liées au « projet de vie » qui a été collectivement et avec enthousiasme imaginé par l’établissement l’an passé ? », regrette T. Noël. Pas le temps et de toute façon, pas d’argent.

Alzheimer quelles solutions ?

« Une unité spéciale Alzheimer est en projet, pour quatorze patients, alors qu’on estime à 90 le nombre de personnes qui relèvent de ce type de pathologie dans l’établissement », indique encore Claude Strullu. Au final, pour assumer sans faillir la mission qui leur est confiée auprès de ces personnes âgées « qui ont droit à une qualité de vie », le personnel travaillerait toujours plus. « Mais il n’est pas normal que la qualité de la prestation se fasse au détriment des personnels », insiste le délégué départemental.

Marie-Line Quéau

13 avril 2001 - Source : Le Télégramme -

Publié le 13 avril 2001
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