Réunions sur les conditions de vie dans les EHPAD à l’initiative de SUD santé sociaux

Une vingtaine de participants à la réunion organisée à Quimper. Ils étaient une trentaine à Brest avec la présence de membres de l’association de défense des résidents des maisons de retraite de Lannilis, Landéda et Plouguerneau.

Ces deux soirées-débats sur les Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ont été animées par Ludovic HELIES, intervenant Sud-Santé et délégué syndical Sud dans un Ehpad associatif. Il a su très rapidement captiver l’assistance sur les conditions de vie des résidents, de travail des personnels, la situation financière, la colère des familles et le cout de revient d’un séjour en EPHAD.

« Ces soirées étaient ouvertes à tous : familles, employés ou citoyens, syndicats intéressés par la question de la situation actuelle des Ehpad pour lesquels les moyens alloués sont insuffisants et risquent de l’être encore plus dans les mois à venir. On veut fédérer les énergies autour de ces questions préoccupantes », dit Ludovic Helies.

Quel est le constat ?

Les résidents sont de plus en plus dépendants à leur entrée en établissement et de plus en plus âgés. La moyenne d’âge est de 86 ans. « Depuis deux ans, la charge de travail a augmenté considérablement. On ne peut plus faire un accompagnement satisfaisant, notamment des patients Alzheimer qui représentent jusqu’à 70 % des résidents avec un ratio d’un salarié pour six résidants alors qu’il est d’un pour un dans les pays scandinaves ».

D’où la nécessité d’un grand service public au sein de la Sécu prenant en charge la perte d’autonomie par la solidarité nationale. (un manque de 7 milliards seulement alors que l’on octroi 50 milliards aux entreprises sans aucune compensation !!!!). Respectons nos ainés qui se sont battus pour tous nos acquis sociaux !!!!

Les résidents, à quelques rares exceptions dans bien peu d’établissements, ne peuvent être traités humainement malgré le dévouement des personnels. La montée de la "sylver économie" (argent sur les cheveux blancs) a permis la création de maisons de retraites privées à but lucratif qui sont cotées en bourse et font 15% de profits sur les résidents et leurs familles.

Situation globale dramatique dont les politiciens en place se moquent : les "très vieux" ne consomment plus, ne manifestent pas et ... « coûtent » cher !.

Nous allons vers des fusions d’établissements pour réaliser des économies d’échelle. L’inquiétude des personnels est d’abord d’ordre salarial et sur les conditions de travail, mais porte aussi sur la qualité des soins apportés aux personnes âgées.

Le syndicat pointe aussi le coût du séjour pour les familles qui est, en moyenne, de 2000 € par mois en Finistère. Ce cout étant trop important pour certaines familles (minimum vieillesse = 800 € !!). celles-ci optent pour un maintien à domicile qui malheureusement peut se transformer en maltraitance familiale (enfermement dans chambre) et avec des conséquences sur la vie de famille du couple aidant.

Et les personnels ?

« Les personnels sont très découragés et le secteur est le second plus important pourvoyeur d’accidents du travail, après l’aide à domicile et devant le bâtiment ».

Le secteur, vu les conditions de travail, connaît un absentéisme qui a aussi des conséquences sur l’organisation du travail. Il est très difficile de prévoir ses congés. Les personnels travaillent un week-end sur deux, mais peuvent en faire plusieurs d’affilée, faute de remplaçants. Et les amplitudes horaires sont atypiques, on peut être mobilisé de 7 h à 14 h puis de 18 h à 20 h dans certains EHPAD.

Les personnels d’EPHAD, compétents, consciencieux, professionnels sont en détresse :
-  Psychologique : conscients de ne pouvoir apporter aux patients l’accompagnement qu’ils sont en droit de recevoir non seulement et évidement en temps qu’humain mais aussi rapport financier (rappelons le cout moyen : 2 000 euros).
Il faut savoir que le temps moyen passé en EPHAD avec un résident par un salarié est de :
1. 18 minutes pour un lever, laver et déjeuner
2. 5 minutes pour un coucher le soir
3. 10 minutes consacrées au repas (on parle de fastfood pour les ados là c’est de l’hyper fastfood !!!)
4. Soit environ 30 minutes consacrées par jour avec le résident !!
-  Physique : du fait des absentéismes (arrêts maladie, congés non remplacés), plannings lourds, conditions de travail avec un manque de matériel adapté aux pathologies.
-  Financière : aucune reconnaissance de ce point de vue (une aide-soignante avec 20 ans d’expérience gagne 1 270 euros/mois net sans prime - 1 400 euros net par mois en fin de carrière dans le secteur privé ou associatif).

Les résidents, les familles, les salariés, les Directeurs d’établissements sont tous conscients et victimes de tous ces faits, mais …….. Les décideurs sont aussi les financiers et ceux-ci ne portent pas le moindre intérêt à nos ainés. Merci à eux de daigner venir poser pour la photo avec un résident pour raison mercantile et souvent électorale !!!

Ces deux réunions ont constitué une première pour le syndicat départemental et le bilan est plus que positif. Il faudra multiplier ces réunions pour créer une dynamique afin que les pouvoirs publics soient mis devant leurs responsabilités et que des moyens à la hauteur des besoins soient enfin dégagés.

Sud Santé Sociaux a publié une brochure "EHPAD" que vous pouvez télécharger ici :
http://www.sudsante29.org/Les-EHPAD....

Publié le 23 octobre 2014
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