Syndiquez-vous, bordel !

Ami-e-s, collègues, camarades, sœurs, frères, syndiquez-vous !

Je sais bien que pour nombre d’entre vous, le syndicat n’est pas autre chose qu’un appareil suspect et nébuleux qui n’a d’autre but que d’offrir des heures de délégation à ces feignasses de délégués du personnel et d’assurer un train de vie somptuaire aux délégués syndicaux. A cela je réponds oui, mais pas que …

L’avènement du droit syndical est un moment unique dans l’histoire de l’humanité. Rien de moins ! Quand, en 1884 sous l’impulsion de Waldeck-Rousseau, apparaissent les premières lois autorisant les syndicats, il s’agissait de faire intégrer au capitalisme des règles qui lui sont contraires. Bien sûr, cela n’a pas suffi pour mettre complètement à terre le capitalisme sauvage, mais cela a tout de même permis de créer deux ou trois petites choses telles que le droit du travail, les conventions collectives ou encore les merguez rôties au feu de pneu ! Pour la première fois un ouvrier et un patron pouvaient se retrouver autour d’une table et négocier d’égal à égal, les intérêts de l’ouvrier avaient autant de légitimité que ceux de la direction.

Se syndiquer, c’est se réapproprier une liberté d’action, c’est se donner la possibilité d’agir sur des aspects de sa vie qui dépassent largement le cadre du travail. Le temps qu’on passe au travail et la manière dont on le passe sont directement liés à la résultante du rapport de force entre la direction et les représentants des salariés. Le temps qu’il nous reste pour nous occuper de nos enfant, pour lire, pour câliner notre (ou nos) conjoints, pour regarder Pujadas ou faire la révolution dépend aussi de cela. L’état dans lequel on va arriver à la retraite dépend aussi de cela. Le système de retraite quand on va y arriver, aussi...

Le travail n’est ni un privilège, ni du temps perdu entre deux moments où on peut vivre pleinement. Le travail peut aussi être du temps de partage, d’intelligence et de dignité. Pour cela, il est indispensable de reconnaître et d’assumer le conflit d’intérêt qui nous oppose au patronat et de continuer à prendre notre part dans cette joute nécessaire. Des générations de militants syndicaux ont lutté pied à pied pour élaborer un ensemble de droits qui sont aujourd’hui mis à mal. Laisser à M. Macron ou M. Gattaz le soin de redessiner les contours du droit du travail, c’est comme confier l’orientation de nos enfants à Marc Dorcel !

C’est NOTRE responsabilité et celle de personne d’autre ! Syndiquez-vous, prenez votre carte chez des enragés, chez des social-traîtres, des bigots ou des fourbes, ou encore chez les extrémistes irresponsables de SUD, mais syndiquez-vous, bordel !

syndiquez-vous_bordel.pdf PDF - 80.2 ko
Publié le 24 juin 2017
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