URGENCE DU CHPM Morlaix

Temps d’attente à rallonge, manque de lits d’hospitalisation, manque de personnel et de matériel : les urgences de l’hôpital de Morlaix sont sous tension. Hier, le personnel a débrayé, pendant une heure, afin d’alerter sur la situation.

« Souvent, quand je rentre à la maison après la journée de boulot, j’ai l’impression d’avoir tout fait vite fait. On n’a plus le temps de discuter avec les patients. Nous sommes épuisés ». Comme ses collègues, cette infirmière a débrayé, hier, entre 14 h et 15 h, pour dénoncer le manque de moyens aux urgences. Ils étaient, au total, une petite centaine à avoir répondu à l’appel de la CFDT, la CGT et Sud-Santé mais aussi du collectif de soutien à l’hôpital qui était présent hier.
Nombreuses alertes

Depuis des semaines, les syndicats alertent la direction sur la surchauffe dans ce service qui a vu passer 33.593 malades en 2016. Un courrier dénonçant les conditions de travail et de prise en charge des patients a également été publié, « mais il est resté lettre morte », regrettent les représentants syndicaux qui interpellent également les élus du territoire. « La direction minimise le malaise, s’emporte Stéphane Postollec. C’est l’illustration de deux mondes qui s’opposent : nous parlons d’humains et, eux, ils parlent de chiffres ! ».
Manque de fluidité

Le gros problème pointé par le personnel des urgences est celui du manque de fluidité. La cause ? Un manque de lits dit « d’aval », c’est-à-dire d’hospitalisation une fois que le patient a été pris en charge. « Certaines personnes attendent jusqu’à vingt heures avant qu’elles puissent être hospitalisées... C’est inadmissible. Pendant ce temps-là, il faut continuer à apporter des soins au patient, bien sûr, mais il y a aussi la logistique à gérer comme les repas. Or, c’est du travail en plus », rapporte Francis Landouar de SUD Santé. « Ça ralentit toute la chaîne des soins.
Quand une place aux urgences est bloquée par un patient, c’est un autre qui reste plus longtemps en salle d’attente... », note Julie Hamon. « Des fois, il y a 110 patients par jour. À certains moments, il y a plus de vingt personnes soignées en même temps. La question est : sommes-nous capables d’absorber correctement ce passage-là ? », interrogent les représentants syndicaux. Pour eux, la réponse est claire : c’est non. Francis Landouar de rappeler les chiffres : « Les urgences comptent aujourd’hui 23,6 infirmiers alors qu’il en faudrait 27,3. Pour les aides-soignants, on est dans les mêmes proportions ».
« C’est dur de voir les gens attendre »

Le personnel des urgences ne le cache pas : le service est « sous tension », au sens propre comme au figuré : « C’est dur de voir les gens attendre des heures, de laisser des familles sans nouvelles parce qu’on n’a pas encore pu prendre en charge leur proche, de voir certains patienter avant de pouvoir être hospitalisé. Tout ça fait que l’on est de plus en plus confronté à des personnes à cran... », témoignent ces infirmières qui avouent avoir une « appréhension de ne pas pouvoir faire les choses correctement ».
« On a peur de mal faire »

« Les soignants ont peur de mettre leur diplôme en jeu. On a peur de mal faire. C’est évident que, dans ces conditions, nous ne sommes pas à l’abri d’un drame, confirme Julie Hamon. Tout ce que l’on demande, c’est que l’on nous permette de travailler correctement ». Les revendications des syndicats sont claires : ils réclament des moyens humains (notamment la création d’un poste d’infirmier et un autre d’aide-soignant) mais aussi matériels (des brancards, des pousse-seringue, des appareils à tension...). « Nous faisons de notre mieux. Nous avons toujours l’envie de faire notre métier mais de façon correcte, dans l’intérêt du patient », conclut cette infirmière.

Source le télégramme.

Publié le 13 janvier 2017
Poster un message
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

titi