Urgences du CHIC : Nous accueillons les patients dans des conditions qui ne sont pas acceptables !

« Nous accueillons les patients dans des conditions qui ne sont pas acceptables ! » Une vingtaine de soignants des urgences du centre hospitalier, réunis par Sud Santé hier, estiment urgent de disposer de plus de lits dans les services pour absorber les flux de patients.

Les seize box du service des urgences du centre hospitalier de Quimper font le plein actuellement, comme souvent l’hiver ou l’été, pic épidémique ou pas. « Ce matin, nous avions encore trois personnes âgées de plus de 85 ans entrées aux urgences dans la nuit, alitées, dans le couloir, en attente de pouvoir monter dans un service », témoignait, hier, une soignante des urgences. « Parfois sept, huit ou neuf patients se retrouvent dans cette situation, en même temps », a assuré l’un de ses collègues. Autour d’eux, une vingtaine d’aides-soignants, infirmiers et médecins du service venus témoigner « de conditions d’accueil inacceptables des patients ». « Aux urgences, on fait de plus en plus régulièrement patienter des personnes pendant des heures, dans les couloirs ou dans des petites pièces comme des salles de bain ou des bureaux, sans sonnette, des espaces pas prévus pour cela, avant de leur trouver un lit dans un service », décrivent plusieurs infirmières et aides-soignantes.

Libérer des lits d’aval

Tous réclament, a minima, « l’application réelle d’un protocole interne qui prévoit de libérer un lit dans chaque service d’hospitalisation vers 11 h le matin, alors que les sorties se font plutôt l’après-midi ». Si, c’était le cas, insistent-ils, « nous aurions quatorze lits à disposition pour orienter les personnes traitées par les urgences, cela permettrait de mieux gérer les flux de patients », signifient ces professionnels. Quatorze infirmiers, aides-soignants, médecins et internes travaillent chaque nuit aux urgences. lls sont près de vingt à la mi-journée.
« Ce n’est pas tant un problème de personnels, que de lits », émet l’un d’eux. « Le problème, c’est que l’hôpital est désormais sous-dimensionné en lits de médecine et de chirurgie. La direction nous dit qu’il faut privilégier l’ambulatoire ou l’hospitalisation à domicile », pointe Jean-Paul Sénéchal, de la section Sud Santé. « Les patients et leurs familles se montrent souvent compréhensifs, mais pour nous c’est très frustrant : on quitte le service en ayant le sentiment de ne pas être allé au bout de notre mission », signifie une soignante. « Et puis cela pose clairement la question de la sécurité des patients », s’exclame une autre. « De leur intimité aussi, lorsqu’ils sont mis en attente de trop longues heures dans un couloir », souligne l’une de ses collègues.

Environ 150 passages par jour

De son côté, le secrétaire général du centre hospitalier confirme que « l’activité reste tout à fait soutenue aux urgences avec, toujours, des pathologies hivernales ». « Le Chic dispose de capacités pour hospitaliser les patients en fonction des besoins, avec des délais dans l’attente d’un lit d’hospitalisation », expose Nicolas Mével. « On reste aux alentours de 150 passages aux urgences par jour, dans le cadre d’un pic d’activité saisonnière qui justifie les consignes indiquées aux usagers la semaine dernière (le Télégramme du 12 janvier) », complète-t-il. La direction de l’hôpital prévoit de faire un point, la semaine prochaine, sur ses organisations. Parallèlement, une réflexion, évoquée mardi en commission médicale d’établissement, y débute sur un dispositif « hôpital en tension ».

Source le Télégramme

Publié le 23 janvier 2017
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